Parcours entre Chaley et Saint-Rambert-en-Bugeycarte de france

Aménagements réalisés lac

L’habitat conditionne le nombre et la taille des poissons. Il est important de veiller à ce qu’il soit suffisant sur l’ensemble de l’année pour toutes les classes d’âge et tout poisson confondu.

Le peuplement d’un milieu (lac, rivière) est étroitement lié à sa capacité en termes d’habitats.

Le grand lac connaît chaque année des variations de niveau importantes que les changements climatiques avec des périodes de sécheresse longues ont fortement accentué.

Sur deux années consécutives (2017 et 2018), le lac est passé de 11 m à environ 3,5 m. La pêche avait du être fermée.

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Niveau du lac à 4 m au plus profond
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le nombre de caches disponibles a considérablement diminué
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toute la végétation rivulaire est déconnectée et les nénuphars hors d’eau

La conséquence directe est une grande perte en termes d’habitats, une prédation accrue sur les alevins et les jeunes carnassiers de l’année qui ne peuvent plus se réfugier dans les herbiers ou postes en bordure.

Dès que le lac descend sous la côte des 7 m, la végétation est en grande partie déconnectée.

Pour remédier à ces problèmes, l’AAPPMA s’est lancée depuis 2016 dans la création de différents types d’habitats (arbres immergés, fagots, blocs…) et a effectué des travaux afin de limiter l’amplitude des variations de niveaux.

Des nouveaux habitats aux multiples fonctions

Du fait des variations de niveau et de certaines caractéristiques (absence d’herbiers au grand lac, absence de bois noyés au petit lac, fonds homogènes sur les 2 lacs), les habitats implantés remplissent de multiples fonctions.

Par niveau haut, ils servent de zone refuge vis à vis du cormoran présent l’hiver mais aussi de support de reproduction pour certaines espèces (Perches, Sandres).

Par niveau bas, ils prennent le relais des zones hors d’eau (herbes des prairies,nénuphars…) jusque là très prisées par les alevins et jeunes carnassiers de l’année en leur offrant des nouvelles caches indispensables à leur préservation.

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Par tout niveau, Ils diversifient l’habitat disponible et servent de postes pour les carnassiers mais aussi de zones d’alimentation pour toutes les espèces…Toute espèce a besoin d’une zone refuge et d’un garde manger.

Ces habitats jouent ainsi un rôle primordial.

S’ils ne compensent pas à eux seuls la perte de plusieurs mètres d’eau, ils permettent de préserver une partie non négligeable de la faune piscicole et ce gain n’a pas de prix.

Au regard du coût des alevinages (plusieurs milliers d’euros chaque année), ils sont très rentables en quantité et qualité en favorisant les poissons nés dans le lac.

Si ces nouveaux habitats augmentent les risques d’accrochages ou de pertes de poissons pour le pêcheur (certains s’en plaignent), rappelons que c’est au pêcheur de s’adapter et de comprendre leur intérêt.

Le choix des zones d’implantation est un compromis entre ce qu’il y a de mieux pour le poisson et le moins contraignant pour le pêcheur.

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Epis de fagot délimité par des piquets pour être visible et permettre aux pêcheurs d’adapter leur pêche

Ces zones ont été suffisamment espacées pour permettre la pêche du bord.

l’espacement entre les postes est d’une dizaine de mètres

Fagots

Les premiers fagots ont été disposés en 2016-2017 à droite de l’entrée du grand lac.

les nénuphars à droite de l’image sont quasiment hors d’eau

A l’Automne 2017, le lac est passé à une profondeur d’environ 4 m et ces fagots étaient alors fortement colonisés (brochetons de l’année, friture,…).

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Brochet au pied d’un fagot

En 2018, l’AAPPMA a créé des épis de fagots sur la zone Nord appelée le « lagon ».

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Lagon dépourvu d’habitats par niveau bas
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Epis placés au lagon devant les nénuphars afin de servir de relais quand ils sont hors d’eau

Les fagots doivent être suffisamment denses pour parfaitement jouer leur rôle d’où la nécessité de les recharger périodiquement.

Depuis leur mise en place, on constate chaque année qu’ils sont tous, sans exception, fortement colonisés.

Arbres immergés

Entre 2016 et 2018, plusieurs postes ont été créés sur les bordures des 2 lacs dans des zones plus ou moins profondes.

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Arbre placé au lagon

En 2016, des arbres ont été coupés au grand lac et bien espacés sur les bordures.

Petit lac : en 2017, des arbres ont été disposés côté montagne sur une zone où l’habitat était faible.

Brochet du petit lac posté dans son nouvel habitat

Le petit lac étant dépourvu de branches noyées, cette disposition a permis une répartition plus homogène de l’habitat autour du lac.

A gauche de l’entrée du petit Lac, un gros arbre a également été coupé. En plus de servir de zone refuge (l’intérieur a été rechargé en fagots), il sert aussi de perchoir aux cormorans (ce qui permet de facilement les tirer).

Tout ceci permet d’offrir des zones refuges l’hiver (quand les herbiers et nénuphars disparaissent), des supports de reproduction (perches, sandres) et de l’habitat supplémentaire.

Ce type d’habitat sert à toutes les espèces toutes tailles confondues et convient parfaitement aux grands poissons dès lors que la profondeur est suffisante.

Des Blocs

En 2018, profitant des niveaux bas, des épis de blocs ont été créés au grand lac côté montagne à l’aide d’une pelle araignée, engin parfaitement adapté au terrain pentu.

L’idée au départ était par endroit de placer certains blocs en pleine eau à quelques mètres de la bordure. La théorie sur le papier fut rapidement rattrapée par la réalité avec des blocs qui, de par leur densité s’envasaient aussitôt et devenaient inutiles.

Par conséquent, les amas de blocs ont été réalisés au plus près du bord avec des espacements suffisants. Ces aménagements remplissent leur rôle dès lors que le lac ne descend pas en dessous de 5,5m.

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entrée du lac avant aménagement
la même zone après aménagement

Limiter l’amplitude des variations de niveau d’eau

Pour limiter ces fortes variations de niveau appelées à se reproduire régulièrement, l’AAPPMA a recherché la fuite karstique la plus importante en utilisant du colorant alimentaire.

L’objectif est de gagner au minimum 2 m avec une côte minimale de 6m.

L’idéal étant de rester à 7 m pour que les habitats créés soient quasiment tous en eau et que les nénuphars restent immergés le plus longtemps possible.

Fin 2018, l’AAPPMA a disposé une grande bache sur la zone de fuite. Le gain a été d’1 m en 2019 (année encore plus sèche que 2018).

En 2019, la zone a été recouverte de glaise pour étanchéifier davantage.

en plein milieu, zone recouverte de glaise

Grâce à cette action, le lac n’est pas descendu en dessous des 6m en 2019 et 2020, années marquées par une sécheresse longue.

Une AAPPMA qui anticipe

Les sècheresses à répétition, la prédation par les espèces piscivores sans prédateur (cormoran, héron, harle bièvre) impactent fortement le milieu de manière générale, et ce n’est qu’un début malheureusement.

Depuis plusieurs années, les pisciculteurs des dombes qui assurent l’alevinage du lac rencontrent ces difficultés se traduisant par l’impossibilité de fournir les quantités et les tailles de poissons demandées (brochets, perches notamment).

Tout comme pour l’Albarine, l’AAPPMA a fait le choix de travailler sur son milieu afin de le préserver au mieux tout en l’enrichissant.

Le meilleur des alevinages étant celui directement produit par le milieu, la création d’habitats diversifiés et en nombre, la régulation sous autorisation des cormorans pendant l’hiver et le travail réalisé sur les variations de niveau nous ont permis d’obtenir rapidement des résultats très encourageants et prometteurs pour l’avenir.