Parcours entre Chaley et Saint-Rambert-en-Bugeycarte de france

Une vallée / Une carte !

Une vallée / Une carte !

Bonjour à tous,

les réunions et les décisions qui se sont succédées depuis l’an passé ont permis d’avancer sur un sujet qui nous tenait à cœur depuis plusieurs années. En effet, les dernières élections ont permis de confondre l’association de l’Albarine qui regroupait les quatre communes amont de la vallée avec l’association de Torcieu qui gérait le parcours aval.

En accord avec l’aappma de PLA qui gérait avec nous le parcours de la basse albarine, et qui a rétrocédé une partie des baux de pêche qu’elle détenait, nous avons donc le plaisir de vous annoncer que l’AAPPMA ALBARINE, ainsi dénommée dans ses nouveaux statuts, possède un domaine de pêche qui démarre du pont de Bettant, (confluence du Gardon), jusqu’à la cascade de Charabotte, soit environ 25 kms. Une seule carte de pêche sera donc nécessaire pour pêcher sur tout ce linéaire.

Comme vous le savez, deux gestions différentes étaient menées sur l’Albarine : la partie haute en gestion patrimoniale, et Torcieu en alevinage. Les gestionnaires de la nouvelle aappma ont décidé d’associer ces deux types de gestion afin de pérenniser la pêche d’une part, et les poissons d’autre part.

Pour se faire, il a été décidé d’actionner plusieurs leviers :

  • la rivière restera en gestion patrimoniale du pont de la Déruppe à Torcieu jusqu’à la cascade de Charabotte. Ce parcours inclura désormais cinq parcours no-kill avec un nouveau parcours du seuil du moulin de Torcieu en aval et jusqu’à 600 mètres en amont de ce seuil. Le tronçon de Torcieu inclu récemment, donc, ne bénéficie pas des densités de poissons de la zone amont et va nécessiter dans les années à venir des aménagements afin de parfaire la capacité d’accueil. C’est pourquoi le nouveau parcours no-kill qui se situe en grande partie dans la retenue du seuil du moulin, sera complété par des arcs en ciel de bonne taille. Juste compromis entre les biomasses en présence et la demande halieutique.
  • la partie en aval du pont de la Déruppe va continuer à bénéficier d’alevinage en truite arc-en-ciel, là aussi pour des raisons évidentes liées aux densités de poissons affaiblies par le manque d’habitats. Cet alevinage sera produit jusqu’à la limite aval du pont de Bettant, sur un secteur qui s’assèche régulièrement, et qui plus est qui s’assèche désormais davantage depuis l’intervention du SR3A (syndicat qui gère la Gemapi sur notre territoire).
  • sur toute la rivière, l’aappma a fait voter en assemblée générale la mise en place d’une fenêtre de capture. Cette fenêtre autorise les prélèvements entre 25 et 35 cm pour les truites. La taille de l’ombre reste inchangée. Cette réglementation est une expérimentation qui découle de plusieurs facteurs. Le premier est la conservation d’un maximum de géniteurs. La deuxième est une demande forte de nos adhérents dans la conservation de leur loisir pêche par le biais de la conservation du cheptel piscicole, et de la présence de nouveaux prédateurs que sont les harles bièvres. Cette décision concernant la fenêtre de capture a été également soumise, via les services de l’Etat, a une mise en ligne ou tout à chacun peut donner son avis, avant la validation par ces services, comme la loi l’oblige désormais. Ce qui sous-entend que tout à chacun pouvait s’opposer ou non à cette réglementation. Les services de l’Etat l’ayant validé, et l’aappma l’ayant voté en assemblée générale, cela signifie par conséquent que peu ou pas de personnes s’y sont opposées. Dont acte.

Autre nouveauté, si on peut dire, puisqu’elle a déjà été utilisée l’an passé par une petite centaine de pêcheurs : la mise en place d’un carnet de capture. Outil on ne peut plus indispensable et parlant, en corrélation complète entre gestion piscicole et halieutisme. Nous vous en reparlerons prochainement.

En parallèle, l’aappma a mis l’accent, comme vous le savez, sur la problématique des travaux qui ont été réalisées à Torcieu, avec les conséquences qui vont avec. Suite à plusieurs réunions avec le SR3A, un suivi va voir le jour pour identifier tous les problèmes. L’aappma a demandé en compensation, des travaux sur la zone amont jusqu’à l’ancienne limite de St-Rambert. Tout cela s’est négocié, se négocie, et se négociera encore, le point de vue du fonctionnement de la rivière entre le SR3A et l’AAPPMA, l’approche, le respect du fonctionnement biologique du milieu, etc…ne sont pas les mêmes. On avance, mais on reste persuadé que l’on est jamais mieux servi que par soi-même.

Pour revenir au potentiel halieutique de l’association, l’aappma dispose donc aujourd’hui de l’intégralité de la rivière intéressante d’un point de vue halieutique, d’un plan d’eau et d’un lac, avec plusieurs kilomètres de berges et plusieurs hectares de zones humides. Ce potentiel est très important, car il nous permet d’exister au sein des structures extérieures gestionnaires et de se faire entendre.

Autre problème, celui de l’arrêt des tirs des cormorans qui fait suite à l’annulation des quotas prévus par la loi dans chaque département. Cette annulation est la conséquence des annulations successives de différents arrêtés qui ont été déboutés dans plusieurs départements depuis quelques années sur la demande de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Aussi fort de ces annulations, cette dernière a demandé l’arrêt pur et simple des tirs en eaux libres et a obtenu gain de cause.

Lorsque l’on connaît l’état des cours d’eau en France, l’effondrement des biomasses de poissons, la disparition d’espèces endémique comme l’apron, la truite fario ou encore l’ombre commun, et que l’on se permet d’arrêter les tirs de régulation qui sauvent les derniers survivants d’une précieuse chaîne alimentaire, on est en droit de se poser la question : « se pose-t-on les bonnes questions dans l’écologie d’aujourd’hui ? »

La FNPF a intenté un recours juridique face à cette annulation, mais n’a pas su trouver les termes justes pour convaincre le Conseil d’Etat de revoir sa position. Du coup, seuls les sites classés « pisciculture » ont la possibilité de tirs. Espérons que la FNPF saura aller plus loin dans ce dossier dont dépend désormais la vie de milliers de salmonidés.

Pour terminer, les premières frayères sont sorties de la rivière, conformément à la saison. Les débits sont corrects grâce aux pluies tout de même régulières qui sont tombées depuis un mois. Ce qui a permis aux poissons de se nourrir, de se déplacer, et donc pour les premiers de se reproduire.

Nous vous tiendrons informés au cours de l’hiver de l’avancement des dossiers en cours, et notamment celui concernant les oiseaux piscivores.

Merci de votre fidélité.

2 réponses

  1. Je le redis mais vous faites vraiment un boulot exemplaire !
    Un petit mot sur le carnet de capture. Je me suis fais contrôler cette année en aval de la gare et le garde ne connaissait pas l’existence de celui-ci… Ce qui n’est pas dramatique en soi je vous l’accorde.

    • albarine

      Le carnet de capture a été « testé » l’année dernière, et mis en place tardivement. Ce n’est pas une obligation légale, mais nous voulons qu’un maximum de données soient requises. On en a bien besoin aujourd’hui face aux menaces diverses dont le cormoran et le harle bièvre font partie aujourd’hui. Outre cela, le carnet permet aux pêcheurs de se rendre compte du nombre de poissons pêchés sur une saison, et quand on extrapole les chiffres, on se rend bien compte que l’halieutisme est lié à la productivité de la rivière. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

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