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Plateau d’Hauteville-Lompnes : de qui se moque-t-on ?

Plateau d’Hauteville-Lompnes : de qui se moque-t-on ?

Lors de la dernière réunion du conseil communautaire du plateau d’Hauteville, il a été validé le projet d’un forage afin de trouver de l’eau chaude. Sans rentrer dans les détails (on pensait être tranquille après la réalisation de la station d’épuration ), ce forage pourrait :

  • permettre de trouver de l’eau
  • permettre de trouver de l’eau chaude
  • permettre à un éventuel investisseur de réaliser un centre qui utiliserait cette eau          ?????????????

Coût du forage : 700 000 euros, juste pour un trou dans notre système karstique si fragile. 700 000 euros pour 100 % d’argent public pour trois conditions plus qu’aléatoires.

D’où notre première réponse à cet article de journal paru le 16 octobre dans le Progrès qui devrait sortir incessamment.

Quand des décisions sont susceptibles de tuer l’Albarine !

 L’AAPPMA il y a quelque années s’était prononcé très clairement contre le projet de forage de la commune d’Hauteville-Lompnes pour la création d’un centre aqualudique. Entre temps, les gaz de schiste nous avait renforcé dans notre vision des choses concernant l’aspect destructeur des forages. Nous pensions fortement que toutes les conséquences gravissimes concernant les forages, notamment en milieu karstique, avaient été appréhendées par les acteurs du plateau d’Hauteville tant la levée de boucliers avait été forte. Apparemment, non. Nous avons donc appris par voie de presse que le projet de centre aqualudique avait été relancé !

Vous avez parlé de cohérence de bassin ?

Depuis une vingtaine d’années, l’AAPPMA a remis sur pied l’Albarine, redonnant à la rivière un potentiel piscicole reconnu à l’échelle nationale. Pour se faire, elle n’a eu de cesse de lutter contre les pollutions, d’aménager, grâce à l’appui d’une gestion de bassin aidée bien évidemment par d’autres partenaires. Une rivière qui génère un potentiel touristique remarquable au sein de la vallée et qui influence même les structures hors canton.

Ces améliorations, notamment en terme de qualité d’eau ont pris tous leurs sens lorsque la commune d’Hauteville a mis en service sa station d’épuration. D’où notre soulagement de voir enfin un bassin solidaire, chacun arrêtant d’envoyer ses déchets sur la tête de l’autre. Mais visiblement, la notion d’impact calculé est désormais rompu. Cette cohérence de bassin n’existe plus aujourd’hui à la vue du choix validé dernièrement par le Plateau.

Tout le monde connaît aujourd’hui les impacts liés aux forages, et ce ne sont pas les justifications du bureau d’étude en charge de la mise en place du forage qui nous feront changer d’avis.

Le forage en question a lieu à un point clé du système karstique. Il est l’endroit d’un axe où transitent les principales résurgences de l’Albarine, celles qui donnent la vie à tout un bassin versant tant en qualité d’eau qu’en quantité.

« Le risque zéro n’existe pas ».

Ce sont les termes du bureau d’étude avec lesquels nous sommes entièrement d’accord, et pour lesquels nous avançons la phrase suivante « Principe de précaution ». Car si certains pensent que l’aappma ne pensent qu’à ses poissons, eh bien ils se trompent lourdement ! On ne fore pas à 900 mètres de profondeur, qui plus est lorsque l’on sait que des zones imperméables existent dans le sous-sol, sans conséquences.

L’Albarine alimente en eau potable les communes d’Argis, St-Rambert-en-Bugey, ainsi qu’une partie très conséquente de la plaine de l’Ain incluant bien entendu Ambérieu-en-Bugey. La pollution de la rivière, la perte de tout ou partie du débit de la rivière au niveau de ses résurgences aura un impact considérable sur le potentiel de la ressource en eau de l’ensemble du bassin versant. Aussi sollicitons-nous avec insistance l’Agence Régionale de la Santé (ARS) sur ce point.

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Les résurgences de l’Albarine.

De plus, lors des éventuels travaux à réaliser, le bureau d’étude s’est avancé sur des points techniques qui nous font frémir : rejeter de l’eau à 30°C dans la Mélogne ou le réseau d’eau pluviale de la commune. Lorsque l’on sait que la Mélogne est un affluent de l’Albarine à part entière, un milieu vivant, et que l’on pourrait s’en servir comme exutoire, comme un simple tuyau d’évacuation, cela fait froid dans le dos. Quelle considération pour les milieux aquatiques ? La question est posée. Quant aux réseaux d’eau pluviale, il faut savoir que la commune d’Hauteville ne possède pas de réseau séparatif strict, et qu’une partie de ses eaux usées est en unitaire. D’ailleurs des travaux sont à réaliser en ce sens pour améliorer le déversoir d’orage situé au niveau de l’agence du Conseil Général qui crache toujours des rejets d’eaux usées dans l’Albarine. Ce qui revient à dire qu’une partie des eaux seraient rejetées directement dans le lit de la rivière et / ou dans la station d’épuration en fonction de la zone de rejet. Un point technique que nous ne laisserons pas passer qui d’ailleurs devra recevoir l’aval des instances administratives.

Lorsque l’on parle d’un suivi à réaliser pour suivre le débit des sources alentour, avant, pendant et après les travaux, ce suivi sera d’une parfaite inutilité pour la simple et bonne raison qu’une fois le sous-sol percé et ces couches qui le compose, aucun retour en arrière possible n’est envisageable en cas de dégât. Ce qui revient à dire que de toute façon, une fois le mal fait, il sera trop tard.

Par ailleurs, forer pour développer des activités touristiques sur un territoire est légitime tant qu’il n’engage pas la perte de légitimité des voisins du dessous. Car à quoi bon développer un territoire si ce n’est pour en faire mourir un autre. La pêche dans la vallée est un facteur clé du développement touristique, reconnu notamment par de nombreuses instances départementales dont les plus hautes. Aussi nous ne comprenons pas bien l’intérêt d’engager d’un côté de l’argent public depuis quinze ans à nos côtés (qui se montent en millions d’euros), et d’en engager de l’autre pour détruire ce qui a été fait avec tant de patience et de persévérance…en un mois ! Sans compter ce que les communes situées en aval ont engagé d’argent public pour la protection des captages afin d’assurer à leurs habitants une eau de qualité et en quantité.

Décidemment, les risques sont trop élevés quant au regard de cette opération et dénotent une incohérence territoriale forte pour un aboutissement qui plus est totalement aléatoire. De ce dossier en cours, il en résulte sûrement la pérennité d’un bassin de vie tout entier.

L’AAPPMA de l’Albarine

2 réponses

  1. Une grande partie de la population est derrière vous

  2. Merci pour votre article trés instructif. Merci de surveiller cela de pres. Merci de tenir informé tout les habitants concerné. Bonne continuation cordialement

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