Parcours entre Chaley et Saint-Rambert-en-Bugeycarte de france

Un automne et début hiver humide…

Un automne et début hiver humide…

Cette année contrairement à l’an passé, la pluie est revenue fin septembre, permettant d’alimenter la rivière en eau de manière significative tout le mois d’octobre ainsi que novembre. Les poissons ont pu s’alimenter allègrement après les dernières éclosions fin septembre début octobre qui ont été elles aussi bien productives. De ce fait, on se retrouve avec des poissons sur les frayères très combatifs et des femelles bien rondelettes.

Les poissons ont profité des coups d’eau successifs pour frayer, laissant derrière eux à chaque décrue de nombreux dômes, signe de la bonne santé de la rivière avec de très jolis poissons. Difficile de les surprendre à la pose photo avec des débits soutenus et une rivière aux couleurs cassées…

Si la zone amont est bien pourvue en poissons et en frayères, on ne peut pas en dire autant de la zone aval entre Torcieu et Bettant où la rivière est vide de toute vie piscicole entre autre. En effet, si certains se plaisent à photographier l’Albarine entre le nouveau lit de Torcieu et la basse Albarine en s’exclamant de la beauté de la rivière il serait très sûrement judicieux de mettre un appareil photo sous l’eau pour comprendre que depuis deux ans la rivière sur ce secteur est morte.

Morte non pas à cause de la sécheresse, puisque ce secteur disposait d’une incroyable résistance au assec depuis 10 ans malgré les températures caniculaires estivales. Non, morte du fait de la main de l’homme.

En cause, en 2018, la manipulation de la vanne de régulation du canal de Torcieu par un inconscient qui a jugé bon d’alimenter en eau un canal plutôt qu’une rivière avec le résultat suivant : destruction totale de la faune et de la flore aquatiques sur cinq kilomètres. Seuls quelques poissons ont pu être récupéré. Personne n’a bougé le petit doigt suite à cet acte !

En cause, en 2019, cette année donc, la restauration du lit à Torcieu qui a eu comme conséquence en aval d’assécher à la fois l’ancien tracé, cinq kilomètres de la basse Albarine et le nouveau lit qui s’était remis en eau. Des mortalités à répétition sur toute la faune avec le dégagement en prime de quantité de matière en suspension pendant les travaux. Personne n’a bougé le petit doigt !

Résultat au 15 décembre : les balades hivernales entre Torcieu et la basse Albarine n’ont eu que pour ambition de se passer le temps si on peut dire. En effet, absence totale de frayères, aucun poisson aperçu, ni même les poissons fourrages comme le vairon premier recolonisateur habituel de ces lieux après les assecs. Aucun oiseau lié au fonctionnement des milieux aquatiques, tel que le cincle plongeur, le martin-pêcheur très présent dans cette zone ou encore le héron cendré. Que dire des invertébrés ! La chaîne alimentaire n’existe plus à l’heure actuelle sur ce secteur. Une catastrophe majeur pour un secteur qui pourtant fonctionne encore naturellement du point de vue de sa dynamique et pourtant tant cité et montré en exemple par les gestionnaires des rivières.

Vous nous direz, comment cela se fait-il qu’un secteur si intéressant biologiquement ait pu disparaître au nez et à la barbe de tous en si peu de temps avec un tel résultat. C’est la question que beaucoup de gens se posent, dans un bassin versant où l’on pensait que la vie piscicole avait un intérêt certain (avec toute la faune qui lui est associée). A quoi cela peut-il bien servir comme l’on souligné certains qui se sont démener dans leur commune à réaliser des travaux d’assainissement et autre pour, au final, perdre des secteurs qui, il y a encore dix ans en arrière était d’une richesse incroyable.

Visiblement, l’ensemble des gestionnaires n’ont pas été choqué que ces deux assecs successifs anéantissant la basse albarine. On pourrait même avancer que tout le monde s’en fout, puisque cet été, malgré les suivis réalisés en amont sur le chantier de Torcieu, l’assec qui en a découlé, conséquence donc de ces travaux et qui a engendré la mise à sec de tout l’aval, a fait crevé (le mot est juste) la gueule ouverte la faune, sans que la structure gestionnaire de ces travaux nous en informe. sans aucun suivi. Vous trouvez cela normal ? C’est les passants sur cette zone piétonnière qui nous ont informé du désastre.

Voilà aujourd’hui pourquoi ce secteur est vide, y compris le nouveau tracé de Torcieu. D’ailleurs il est facile de comprendre que sur un tel secteur, l’absence de hérons ne passe pas inaperçu et en dit long sur ce qui reste dans le lit de la rivière.

Tout est à reconstruire biologiquement sur ce tracé avec une épée de Damoclès au dessus de la tête : suite aux travaux de Torcieu, l’Albarine va-t-elle continuer à couler en période estivale en aval comme elle le faisait auparavant. De notre point de vue, les doutes sont immenses, d’autant que le nouveau tracé à réduit considérablement l’habitat piscicole sur ce secteur et que beaucoup de choses sont à revoir d’un point de vue de la dynamique et du respect vis-àvis de la réglementation. Un comble alors que les parcelles appartiennent aux pêcheurs !

Voilà où nous en sommes aujourd’hui sur une portion de rivière qui, même si elle se situe en aval de notre parcours, vous vous en doutez, influe sur le fonctionnement global de la rivière.

Puisque nous sommes dans les points négatifs, nous voulions également vous faire part d’une autre action néfaste : la vidange du plan d’eau d’Evosges. Situé sur le plateau en tête d’un affluent de la Mandorne, la commune a sollicité les services compétents pour vidanger ce plan d’eau en novembre afin notamment d’y réaliser des travaux. La fédération de pêche de l’Ain et l’AAPPMA de l’Albarine ont conjointement signé un courrier s’opposant à cette vidange pour deux raisons : les matières en suspension et la présence d’écrevisses américaines dans le plan d’eau. Courrier appuyé en ce sens par l’OFB (Office Français Biodiversité).

Il faut savoir que cette année, avant d’avoir eu connaissance de cette vidange, la fédération de pêche, financée en partie par le département de l’Ain, a réintroduit sur la zone concerné des écrevisses pieds blancs. Un travail réalisé avec l’appui pour cette opération par le SR3A (syndicat de rivière) et l’AAPPMA.

De ce fait notre courrier était très largement justifié quant aux risques que faisait courir cette vidange, notamment la propagation de la peste des écrevisses dont sont parfois porteuses les écrevisses américaines. Mais suite à un revirement de situation, un compromis a été négocié entre le SR3A et la commune sous couvert d’un arrêté préfectoral qui permettait une vidange partielle, la pêche des espèces présentes et la réfection des berges aux printemps avec suivi par le SR3A. Cette vidange partielle par siphonnage permettait d’éviter d’ouvrir la bonde de fond, de conserver de l’eau dans l’étang et d’éviter que les écrevisses aillent voir dans le ruisseau d’à côté. Sur le principe pourquoi pas.

Seulement le manque de suivi de cette opération a vu au final un curage non autorisé sur le ruisseau jouxtant le plan d’eau, et la vidange après la pêche du plan d’eau avec tous les risques qui en découlent. Tout ce qui ne devait pas être fait l’a été en dépit de l’arrêté ! Les beaux discours cacheraient-ils les faits ? Merci à la structure technique de la fédération pour son appui dans ce dossier et son courrier post-vidange.

Il va falloir être vigilants dorénavant, suite aux deux problématiques expliquées ici avec les gestionnaires des cours d’eau, avec qui nous travaillons pourtant depuis des années !

Heureusement, la tête de bassin versant fonctionne et donne tout espoir pour recoloniser ces parties pionnières par dévalaison. Le monde de la pêche est là pour veiller au bon fonctionnement de la rivière. Un film est en cours de préparation pour le printemps. Expliquer le pourquoi du comment et montrer à tous que le poisson est bien l’élément principal d’une longue chaîne alimentaire. Il n’y a qu’à se promener sur la basse Albarine en ces temps pour s’en rendre compte.

4 réponses

  1. Merci pour ce récit complet et et toutes les explications sur les travaux de Torcieu.
    Des milliers d euros dépensés pour un résultat inacceptables mais quel était
    L objectif recherché ?
    L incompétence des décideurs ou un acte volontaire de destructions ?
    Attendre maintenant de tres grosses crues
    Et espèrer que la nature redonne un lit équilibré a cette magnifique rivière qui
    Peut-être apres quelques années retrouvera sont équilibre .
    Encore merci pour la gestion de la partie haute de l albarine.
    Et carton rouge pour Evoges.

    • albarine

      Merci pour vos encouragements. Nous allons essayer de mettre en place une rectification pour Torcieu qui prendra en compte la valeur biologique piscicole. Il nous reste du temps avant cet été pour repenser ce tracé.

  2. quel dommage….force et courage….

    • albarine

      Oui il en faut !

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